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Ski de randonnée : guide complet débutant

Le ski de randonnée (skimo ou ski alpinisme) connaît une croissance exponentielle depuis quelques années. Cette discipline qui consiste à monter à ski grâce à des peaux de phoque collées sous la semelle puis à descendre en mode ski alpin offre une liberté et une communion avec la montagne incomparables. Ce guide vous donne tout ce qu’il faut savoir pour débuter le ski de randonnée en toute sécurité.

Pré-requis pour débuter le ski de randonnée

Le ski de randonnée n’est pas une discipline pour tous les niveaux. Avant de vous lancer, vous devez :

Skier couramment : être capable de dévaler des pistes rouges en maîtrisant les virages dans toutes les neiges (dure, transformée, poudreuse). Le ski de rando se pratique souvent hors-piste dans des neiges non travaillées.

Avoir une bonne condition physique : la montée à peaux sollicite énormément le cardio-vasculaire et les jambes. Une condition physique de randonneur pédestre est le minimum requis.

Comprendre la montagne en hiver : notions de météorologie alpine, lecture du terrain, gestion des avalanches. Ce savoir ne s’improvise pas.

L’équipement de ski de randonnée

Les skis de randonnée

Les skis de randonnée sont plus légers que les skis alpins classiques (1 400-2 000 g par ski contre 2 500-3 000 g en alpin). Ils sont conçus pour la montée (légèreté) et la descente (comportement acceptable en hors-piste). Pour un débutant, opter pour un ski “all-mountain rando” ou “rando polyvalent” — plus facile à faire descendre qu’un ski de course ultralégère.

Budget ski de rando : 400-900 € pour des skis qualité entrée/milieu de gamme. Des modèles d’occasion sont disponibles dans les magasins de montagne et sur Internet.

Les fixations de randonnée

Les fixations de randonnée (Dynafit, Salomon Shift, Marker Kingpin…) pivotent au niveau du talon pour permettre la montée. En descente, elles se bloquent comme des fixations alpines. Les fixations “tech” (Dynafit) sont les plus légères. Les fixations “hybrides” (Shift, Kingpin) offrent un meilleur comportement en descente pour les skieurs alpins qui découvrent la rando.

Les chaussures de randonnée

Les chaussures de rando doivent être en mode “marche” pour la montée (tige avant souple) et “ski” pour la descente (tige rigide). Choisir des modèles avec une bonne rigidité en descente si vous êtes un bon skieur alpin. La légèreté prime pour les longues randonnées.

Les peaux de phoque

Les peaux (synthétiques aujourd’hui) se collent sous la semelle des skis et permettent de monter en adhérant à la neige sans glisser en arrière. Elles s’achètent à la largeur de vos skis et se coupent à la bonne longueur. Budget : 80-150 € pour une bonne paire.

Le matériel de sécurité avalanche : OBLIGATOIRE

Le DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanche) : appareil électronique porté sur soi qui permet de localiser une personne ensevelie. Il doit toujours être en mode “émission” pendant une sortie. Budget : 200-350 €.

La sonde : tige télescopique qui permet de localiser précisément la victime une fois le DVA repéré. Budget : 40-80 €.

La pelle à neige : pour dégager la victime. Obligatoire. Budget : 30-60 €.

L’airbag (optionnel mais recommandé) : sac à dos avec airbag qui se gonfle en cas d’avalanche pour rester en surface. Budget : 400-700 €.

Ces équipements de sécurité sont la condition sine qua non pour toute sortie en zone avalancheuse.

La technique de montée à peaux

La montée à ski de randonnée repose sur une technique spécifique différente de la marche à pied :

La foulée : longue et glissante, sans lever les talons inutilement. La glisse en avant est maintenue par les peaux.

L’orientation des skis : toujours suivre la ligne de montée, en évitant les grandes traversées qui font glisser les peaux.

Les conversions : dans les pentes raides, il faut faire demi-tour avec les skis parallèles à la pente (conversion). Technique qui s’apprend rapidement mais demande de la pratique.

Le rythme : cadence lente et régulière, sans jamais être essoufflé. La règle d’or : “on doit pouvoir parler normalement pendant la montée.”

Comprendre les risques avalanche

C’est le point le plus critique du ski de randonnée. Chaque année, des randonneurs expérimentés sont tués par des avalanches. Il n’existe pas de sortie sans risque zéro.

Le bulletin d’enneigement et de risque avalanche (www.data.gouv.fr, application Mon Bulletin Météo Neige) est à consulter obligatoirement avant chaque sortie. Il donne le risque sur une échelle de 1 (faible) à 5 (très fort). Au-delà de 3 en montée, évitez les pentes raides (> 30°) non sécurisées.

Les critères de risque : pente (> 30° = zone à risque), exposition (nord en général plus dangereux en milieu de saison), réchauffement (neige de printemps qui s’humidifie), chutes de neige récentes (cohésion insuffisante du manteau).

La règle d’or : ne jamais partir seul en ski de randonnée. Minimum 3 personnes pour qu’en cas d’avalanche, 2 personnes puissent chercher la victime pendant que la 3e va chercher des secours.

Les premières sorties recommandées

Pour débuter, choisir des itinéraires simples, balisés et sans risque avalanche significatif :

Où s’initier ?

Les Alpes et les Pyrénées offrent des milliers d’itinéraires. Pour débuter : Vercors, Chartreuse, Belledonne (proches de Grenoble, peu engagés), vallées du Briançonnais, Queyras.

Consultez nos stations ski en France et notre guide ski pas cher France pour identifier les zones de pratique près de chez vous.